Il y a un an pile, à quelques jours près, j'étais dans la rue, rue de Clichy, précisément.
On était deux, on faisait la queue pour entrer dans le Casino de Paris, concert en vue.
Je me souviens avoir rigolé avec une jeune Anglaise qui me regardait un peu fixement : c'était le rose fuchsia de mon eye-liner qui lui faisait de l'œil, si j'ose dire. Je lui ai montré mes docs, celles en nubuck, de la même couleur et ça a fait notre joie.
Avec mon amie, on se parlait des pleurs, de ce que ça exprime. Je lui disais que je pleurais facilement face à un film, devant ma télé, une histoire d'empathie et de se prendre les émotions réelles ou jouées d'autres personnes plein la gueule. Mais pas beaucoup dans la vie, sans que ça soit un fait de gloire ou quoi que ce soit sur quoi j'ai prise.
Le lendemain ça a changé.
Une raison, puis d'autres, ont nourri ces torrents imprévisibles.
J'ai pleuré beaucoup, l'année passée, beaucoup plus que toutes mes années adultes d'avant réunies.
J'ai été triste et parfois moins. J'ai exploré des états d'âme pas simples, pas toujours dans le mauvais sens, mais simples, non.
Ça se tasse, tout doucement, il m'arrive de sourire en sentant le tas de serviettes en papier piquées au restaurant d'entreprise que j'avais stockées, au cas où. Je reconstitue le stock avec moins de constance.
Parfois ça repart. Moins sauvage, moins abondant, mais le torrent n'est pas à sec. De nouveaux chemins se sont creusés en moi, sans doute. J'ai plus souvent des mouchoirs en papier à portée de main.
Je n'avais pas imaginé cette page de ma vie sur laquelle j'écris. Je n'ai pas d'avis sur elle : plus indispensable ou plus néfaste ? Elle est, trame mêlée de hasard et de choix. Malgré les chutes et les coups, avec ses joies et ses plénitudes, c'est peut-être ça le plus important : vivre plutôt que chercher un sens ?


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