J'ai passé l'essentiel des dix jours passés chez moi. Il faisait chaud, comme vous le savez, et le port quasi continu d'orthèses ne rend pas la température plus agréable. Alors j'ai erré, lentement, vêtue d'une robe de plage et rien d'autre - enfin si, chevillière, genouillère, coudière.

Hier, je suis revenue au bureau. Timidement, contente de voir des têtes.

Et surtout : habillée (no shit).

Avec de vrais vêtements, et surtout des sous-vêtements !

Je ne suis pas spécialement attirée par le naturisme, mais vous avez déjà essayé d'attacher un soutif dans le dos avec un bras en vrac ? D'enfiler une culotte en ne pouvant pas être en appui sur une jambe, puis l'autre ?

Nécessité fait loi, j'ai renoncé à ma sauvagerie de quelques jours et renoué avec la civilisation.

Et constaté que le souffle du ventilateur sur ma peau presque nue, l'absence quasi totale de contraintes sur mon corps hors celles liées aux blessures, ça m'avait fait du bien, du contraste, du pas compliqué par rapport à la douleur.

Facile à trouver, en plus, le réconfort.

Une microscopique liberté.

Pour la première fois depuis le début de l'été, j'ai enfin ressenti un bout de ce qui me faisait aimer cette saison, avant qu'elle ne devienne menace, une douce chaleur, une brise caressante à même la peau.

C'est rien, mais c'était bon.

(Enfant sauvage aux pieds nus pour toujours.)

Le reflet d'un bout de mon dos.