J'avais dit, on ne m'y reprendra pas, chat échaudé, je me tais, je dis, de biais, j'ai des timidités de jeune fille, je murmure les mots au vent au lieu de les écrire.
Je fixe l'écran, comme s'il allait apporter une réponse à mes points d'interrogation, j'ai le coeur qui bat, je ne sais plus respirer, on s'en fout, je tousse encore, un peu plus, un peu moins d'oxygène, qui compte ?
J'ai envie, j'ai peur, je me tiens sur la pointe des pieds derrière la ligne que je me suis fixée, plus jamais, ma vieille, tu n'ouvres ta bouche à ce sujet sans y avoir été explicitement invitée, c'est pas compliqué, non ? Si. Putain, masochiste que je suis, que restera-t-il de ma vieille carcasse quand il en aura fini avec moi ?
Non parce que je n'ai aucun équilibre, moi.
Je ne sais pas rester sur la pointe des pieds, immobile, sans basculer.
Et basculer dans le vide j'ai déjà donné.
Alors je me nourris de frissons, de tremblements, je me demande "et ? mais ? hein ?"
Peau à peau de mots. Comme si personne n'avait rien appris, comme si le pied à fond sur l'accélérateur jusqu'au mur.
Et il se passe quoi, arrivés dans le mur ? Il a disparu et personne ne me l'a dit ? Ou tout le monde explose en une sublime autant que douloureuse apocalypse ?
Et moi, l'œil rond comme un con de pigeon à guetter le prochain message. Histoire d'être encore plus larguée.

