Il y a depuis quelques mois un nouveau manager de notre restaurant d'entreprise. Il s'appelle Julien, il est sympa et ouvert, un vrai gentil, sans mièvrerie, je crois. Comme il y avait un panneau avec sa photo, son prénom et quelques questions pour mieux le connaître, la première fois que je suis passée en caisse et qu'il y était, j'ai commenté avec lui et depuis, il m'identifie parmi la masse des convives.
Ca fait plusieurs fois qu'on arrive ensemble le matin, lui par obligation professionnelle, moi par choix de vie ou conséquence d'insomnie, un peu les deux. Un de ces matins, il mettait en route l'îlot "Coffee shop" au centre du hall d'accueil, tout en se faisant couler un café. "Bon café, Julien" l'ai-je logiquement salué en passant. "Tu en veux un ?" m'a-t-il répondu, et j'ai dit oui.
Mardi matin, j'étais au coin de la rue en train d'observer d'un œil curieux ce local étrange au coin de la rue Moncey et de la rue Blanche, qui visiblement vend, ou au moins expose, des coussins en forme de vulves. Ou des cadres avec des vulves en relief. Bref. Etonnant. Il est passé à vélo et au coin de la rue pendant que je me mettais en marche, on s'est salués du geste et de la voix. Deux ou trois minutes plus tard j'entrais dans le hall et il était en train de nous faire couler deux cafés. "Privilège de matinaux".
Je lui racontai ma découverte du matin, on a rigolé en imaginant les bourgeois du 9e passer devant sans rien voir, ou s'indigner vivement, il s'est demandé si ça irait dans son salon, j'ai fait remarquer qu'il y avait quand même un cap psychologique à franchir pour s'assoir sur un coussin vulve, il a acquiescé, et puis on a été interrompus par son téléphone et on est partis chacun vers nos emplois respectifs. (Enfin, en ce qui me concerne, je suis allée boire son café sur le toit, mais c'est un détail d'organisation.
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Cougarillon, mon ami de bureau, est de retour après 6 mois d'arrêt. On s'est donné des nouvelles tout du long, alors je savais comme il allait, mais ce premier jour côté à côte (il m'appelle "Voisine" parce que quand j'ai su qu'il arrivait, je suis allée voir qui il était sur LinkedIn et lui ai envoyé un message pour dire "Bonjour, je viens d'aller voir ton profil, je suis ta nouvelle voisine !" Il prétend que c'était flippant, mais ça ne nous a pas empêchés de créer cette relation proche proche.
En bonne référente harcèlement sexuel, je ne peux à peu près pas le voir sans le serrer dans mes bras (il est immense, il pourrait fuir ou se dérober si c'était vraiment insupportable, hein). Il rigole. Je lui dis que vu ma privation de chaleur masculine, il est prié de compatir, merci, bisous.
Il est pâle et maigre et on lit sur son visage qu'il a traversé une sale période.
Je suis contente de le retrouver.
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J'ai bien aimé ces moments joyeux avec les hommes de mes matins. Sans parler de celui qu'on ne peut pas voir mais qui flotte un peu à mes côtés, souvent.


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