Voilà ce que c'est, de remuer de vieilles douleurs pour voir si ça fait encore mal. Bien sûr que oui, ça explose à la gueule, "tu n'apprendras jamais rien, pauvre fille", me maudis-je.

C'est un peu con de ne croire en rien, parce que j'aimerais faire un vœu, rien qu'un seul.

Je savais, depuis longtemps, que j'étais pleine d'un amour sans espoir,

et cet été, quelque part entre deux jolies pierres blanches,

comme déposées par un Poucet insouciant du fait qu'elles ne mènent nulle part,

juste parce qu'il trouvait joli de les mettre là,

j'ai baissé ma garde,

connement.

Alors je lui ai dit, enfin non, pas dit, je lui ai envoyé les mots d'ici, des mots que certains d'entre vous m'ont fait l'amitié de trouver beaux.

Comme on pose une limite beaucoup trop tard, comme on ouvre le parachute cinq secondes avant de s'écraser au sol.

Il a semblé vivre ça comme une agression irrecevable, et bien sûr mon cœur a explosé en vol. De la forme violente de ce rejet attendu. C'est pas comme si j'avais jamais demandé quoi que ce soit.

Bref.

Le vœu. J'aimerais fort que cet amour qui jaillit de moi, il ruisselle sur des enfants terrorisés, des gens de tous âges qui en ont besoin, des personnes seules qui le vivent mal. Que toute cette petite bande soit insolemment heureuse, malgré la vie, malgré le monde.

Parce que de loin en loin, il y a des jours, des soirs, comme ça, où tout cet amour indésirable, perdu, inutilisé, c'est beaucoup trop triste.

(Je ne regrette rien, pas un mot, pas un battement de cœur, ni du passé ni de ce qui s'écrit malgré ça. Il existe des liens plus précieux que le nom ou la forme qu'ils portent, je l'ai déjà écrit cent fois ici. Mais ça coûte, disons.)

Moi, planquée derrière ma main. J'avais de jolies boucles, ce jour là, dis donc.